Anton rongeait son frein, certains se formaient au maniement des armes, d'autres partaient en mission, et lui restait, tel un mouton docile à fabriquer des médicaments pour prévenir les maladies apportées en nombre par l'hiver. Rentrant vers sa tente glaciale, l'homme puissament batit au regard affuté apperçoit une ombre parcourir, avec la discrétion d'un félin, les rues souffreuteuses de Ramdam. Lui, d'habitude si réservé et peu enclin à s'occuper des affaires des autres, ne peut résister à cette attraction surnaturelle qui le pousse à suivre cette ombre.
Les rues s'enchainent, l'ombre file à la vitesse de l'éclair, Anton, du haut des années d'expériences que lui a conféré son ancien métier, arrive à la suivre, mais de justesse. Manquant de la perdre à chaque détour, se forçant à conserver son souffle et à calmer sa respiration palpitante. Quand soudain l'ombre s'arrête, peut être pour observer ou simplement pour faire une pause; laissant tout le loisir à Anton de l'observer, de son abri caché du regard de l'ombre:
C'est une femme, et elle est d'une beauté à couper le souffle, pas simplement par ses traits, car il y a nombre de jolies filles sans vertu ou se prenant pour des reines à Ramdam. Mais celle ci se détache de la masse informe de toutes ces femelles inutiles par son attitude et son charisme. Une autentique bête fauve, impétueuse, libre, féroce. Tout cela se dégage d'elle. Anton reste coit devant cette splendide et mortelle créature, osant à peine respirer de peur de rompre le charme qui est né de cet instant hors du temps...